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31 mai 2007

Consultation de Pharmacien Sans Frontière






1. Rôle du comité scientifique ?

Le Comité Scientifique est un groupement de professionnels de compétences variées liées au secteur de la santé et plus particulièrement à la santé dans les pays en développement.

PSF-CI est sollicité par ses partenaires sur des sujets de plus en plus pointus nécessitant une expertise particulière: pharmacovigilance, nouveaux protocoles thérapeutiques concernant le sida, le paludisme et la tuberculose, ainsi que la prise en charge des maladies opportunistes.

Un réseau de personnes ressources dans tous les domaines d’expertise en santé publique est en effet aujourd’hui essentiel au développement de la qualité et de l’impact de ses programmes.

Le Comité Scientifique de PSFCI a notamment participé à l’élaboration d’un Diplôme Inter-Universitaire en collaboration avec l’Université Claude Bernard de Lyon 1, l’Université d’Auvergne de Clermont Ferrand 1 et l’Université Joseph Fourier de Grenoble sur « Les Politiques de santé et la gestion pharmaceutique dans les pays en développement ».

2. Rapport entre le comité international et les antennes internationales et départementales?

Le Comité International travaille sur de gros programmes co-financés par les bailleurs de fonds institutionnels de l’aide humanitaire (urgence) et de l’aide au développement (Commission Européenne, Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose, organismes de l’ONU comme l’OMS, l’UNICEF, le PNUD, le FNUAP, etc ).

La gestion de ces gros programmes pour l’accessibilité des populations à des médicaments de qualité exige des salariés à temps plein au siège (une trentaine), des volontaires-expatriés à temps plein sur le terrain (une trentaine) et des personnels locaux salariés (environ 450). Les ONG de solidarité internationale sont aujourd’hui tenues de rendre des comptes aux bailleurs de fonds et aux bénéficiaires, non seulement sur la transparence de leur gestion mais aussi sur la qualité et l’impact des programmes mis en place. De nombreuses actions de solidarité ont en effet créé plus de problèmes aux pays aidés qu’ils n’ont résolu de problèmes.

Les antennes internationales et départementales, tout en respectant la charte du mouvement PSF, travaillent sur des programmes plus petits et s’appuient principalement sur des bénévoles.

Des membres d’antennes internationales et départementales font partie du Conseil d’Administration du Comité International.

3. Rapport avec l’entité Cyclamed

Cyclamed a été créé par l’industrie pharmaceutique pour répondre à l’imposition de la Loi Lalonde, « pollueur/payeur » qui exige que les industries paient une taxe pour assurer la gestion de leurs déchets. Plutôt que de payer la taxe, l’industrie pharmaceutique a préféré créer une association, Cyclamed, chargée de collecter les DIM (déchets issus de médicaments).

Cyclamed a été créé en 1993 et, pour mieux convaincre le grand public de rapporter ses médicaments à la pharmacie, a basé l’essentiel de sa communication sur la ré-utilisation humanitaire des médicaments non utilisés (MNU).

A cette époque, PSF avait déjà compris que les MNU non seulement n’étaient pas adaptés aux problèmes de santé des pays du sud mais représentaient aussi un véritable danger de santé publique et un problème économique pour les pays en développement.

D’autant plus que depuis le début des années 1990, les pays en développement mettaient en place, sous l’égide de l’OMS, des Politiques Pharmaceutiques Nationales basées sur :

- une Liste Nationale de Médicaments Essentiels basée sur la liste modèle OMS et adaptée non seulement aux pathologies du pays mais aussi à la formation du personnel sanitaire. 95% des médicaments de ces listes sont des génériques.

- une Centrale Nationale d’Approvisionnement en Médicaments Essentiels (génériques pour la plupart) qui, pour faire des économies d’échelle, regroupe les commandes des Dépôts Régionaux qui fournissent les structures de santé,

- un système de recouvrement des coûts impliquant la communauté dans la gestion de son Centre de Santé en fonction de ses moyens, l’enjeu étant de recouvrer suffisamment de fonds pour renouveler les stocks de Médicaments Essentiels du centre.

PSF-CI aide à la mise en place de ces réseaux d’approvisionnement.

Dans ce contexte qui visait l’autonomie des pays pour l’accès de leurs populations aux médicaments essentiels, tout médicament en provenance de l’Etranger ne pouvait qu’avoir un effet pervers.

PSF-CI s’inscrivait donc immédiatement contre le volet dit « humanitaire » de Cyclamed.

Dès 1996, l’OMS éditait les premiers Principes Directeurs applicables aux dons de médicaments où il était notamment recommandé de ne pas utiliser de MNU ni d’échantillons médicaux dans le cadre de l’aide humanitaire. PSFCI a participé à la rédaction de la révision des Principes Directeurs sortie en 1999 et signé la charte OMS.

4. Position par rapport à l’amendement récent sur les MNU (médicaments non utilisés) ?

C’est avec beaucoup de soulagement que PSF-CI a appris que le Sénat français avait adopté, le 24 janvier 2007, l’amendement présenté par l’Assemblée Nationale visant à interdire l’utilisation humanitaire des médicaments non utilisés, les fameux MNU que de nombreuses associations françaises continuaient à déverser sur les centres de santé des pays pauvres, perturbant la mise en œuvre de Politiques Pharmaceutiques Nationales réglementées qui garantissent la qualité des médicaments et favorisant un marché illicite en pleine expansion. Depuis 1996, l’OMS et ses partenaires agissant dans le cadre de l’humanitaire et du développement demandaient l’arrêt de ces envois (Principes Directeurs applicables aux dons de médicaments, Art. 5 – http://www.whqlibdoc.who.int/hq/1999/WHO_EDM_PAR_99.4_fre.pdf )

Mais pourquoi donner un délai de 18 mois pour permettre aux « organismes concernés de trouver de nouvelles sources d’approvisionnement » ? Ces sources d’approvisionnement existent depuis très longtemps et tous les intervenants de l’humanitaire et du développement les connaissent :

- Pour la toute première urgence, des kits de 1ère urgence dont le contenu a été défini par l’OMS et ses partenaires sont fournis par des centrales spécialisées en médicaments essentiels. Chaque kit contient le nécessaire pour soigner 10 000 personnes pendant 3 mois. Dans un cadre de post-urgence, il convient de vérifier auprès des comités de coordination et du Ministère de la santé, quels sont les médicaments habituellement utilisés par les professionnels de santé du/des pays et quels sont leurs fournisseurs afin de ne pas introduire de médicaments inconnus des médecins, infirmiers et patients.

- Quant à l’aide au développement, depuis le début des années 90 les pays ont mis en place des circuits d’approvisionnement et distribution de médicaments appartenant à une Liste Nationale de Médicaments Essentiels (LNME) définie par le Ministère de la Santé qui édite par ailleurs des protocoles thérapeutiques basés sur les médicaments de cette liste. Le regroupement des commandes pour satisfaire les besoins des centres de santé se fait au niveau national afin de réaliser des économies d’échelle. Dans le cadre de l’aide au développement qui vise l’autonomie future des pays, il est impératif de s’approvisionner à travers ces circuits officiels.

PSFCI se réjouit de ce vote mais aimerait que le respect des Principes Directeurs applicables aux dons de médicaments soit inscrit dans les textes de loi ainsi que le respect des Politiques Pharmaceutiques Nationales des pays en développement ou en situation de crise humanitaire.

Pharmaciens Sans Frontières Comité International lutte depuis plus de 10 ans pour l’interdiction de l’utilisation des médicaments non utilisés (MNU) dans le cadre de l’aide humanitaire et de l’aide au développement en insistant auprès des Ministères de la Santé successifs afin que la France respecte les Principes Directeurs applicables aux dons de médicaments de l’OMS élaborés en collaboration avec les principaux acteurs de l’aide internationale dont PSF-CI.

Inscrire ces Principes Directeurs dans les textes de loi permettrait d’exiger de tous les intervenants que les Politiques Pharmaceutiques Nationales des pays receveurs soient respectées. Car le respect de ces politiques pharmaceutiques est fondamental si l’on souhaite que toute la population des pays ait accès à des médicaments essentiels de qualité. Déstabiliser ces politiques pharmaceutiques par des dons revient à condamner des millions de personnes.

5. Quelles sont les principales sources de financement : partenaires institutionnels, partenaires privés, dons, cartes de voeux,…?

Grâce à la rigueur et au professionnalisme de ses actions, Pharmaciens Sans Frontières a acquis la confiance des bailleurs de fonds institutionnels et sa réputation auprès des Ministères de la Santé des pays en développement ou en situation de crise humanitaire n’est plus à faire.

Les principaux bailleurs de fonds institutionnels qui co-financent les programmes de PSF‑CI sont :

- ECHO - Service d’Aide Humanitaire de la Commission Européenne

- EUROPEAID – Office de la Coopération de la Commission Européenne

- PATS – Programme d’Appui Transitoire à la Santé de la Commission Européenne

- FED – Fonds Européen de Développement

- FONDS MONDIAL de lutte contre le Sida, le Paludisme et la Tuberculose

- MCNG – Mission Coopération Non Gouvernementale du Ministère des Affaires Etrangères français

- FNUAP – Fonds des Nations Unies pour l’Aide aux Populations

- PNUD – Programme des Nations Unies pour le Développement

- DFID – Department For International Development (UK)

- USAID – United States Agency for International Development (US)

- OMS – Organisation Mondiale de la Santé

- UNICEF – Fonds des Nations Unies pour l’Enfance

Travailler avec des bailleurs de fonds institutionnels a permis à Pharmaciens Sans Frontières d’acquérir les compétences et la rigueur exigées pour mener à bien des programmes d’envergure en respectant des conditions et des critères d’éligibilité très stricts.

Les fonds d’origine privée de Pharmaciens Sans Frontières proviennent de dons et de la vente annuelle des cartes de vœux dans les pharmacies françaises.

Cette dernière source de fonds propres doit malheureusement s’accommoder de la concurrence de nombreuses associations et les revenus de cette vente annuelle s’étiolant d’année en année, Pharmaciens Sans Frontières doit aujourd’hui s’orienter vers des partenariats plus stables et plus réguliers.

Car les 15% de co-financements des programmes de développement, les évaluations initiales, les audits aux fournisseurs locaux, les analyses de médicaments collectés sur le terrain, les inter-programmes et tout le fonctionnement de l’association sont assumés sur fonds propres.

De plus en plus sollicitée par les autorités sanitaires des pays en développement pour un appui à la mise en œuvre de leur Politique Pharmaceutique Nationale, c’est quotidiennement que l’association se trouve dans la douloureuse obligation de répondre par la négative par manque de fonds.

Aujourd’hui, c’est pour pouvoir répondre plus souvent aux appels désespérés des populations et des autorités sanitaires des pays les plus pauvres que Pharmaciens Sans Frontières Comité International recherche des partenaires pour co-financer, avec ses partenaires institutionnels habituels, les programmes de développement qu’elle met en oeuvre.

Car dans un monde de plus en plus interactif où chacun dépend des autres, le développement concerne tous les acteurs de la société : société civile, entreprises privées et organismes gouvernementaux. Les intérêts de tous finissent par se rejoindre car nul ne peut se développer sans promouvoir le développement de l’autre.

C’est ainsi qu’on voit chaque jour de plus en plus de collectivités et d’entreprises privées soutenir des programmes humanitaires, non seulement dans un souci de marketing ou de défiscalisation mais aussi et surtout parce qu’elles savent participer ainsi à l’évolution vers le monde de demain et donc à leur propre évolution.

PSFCI est donc en recherche de partenariats avec diverses entreprises privées.

6. Quel est selon vous le rôle des ONG qui interviennent dans le domaine de la santé?

Les ONG médicales interviendront dans les domaines de leurs compétences particulières et selon les besoins exprimés par les partenaires locaux.

PSF est concerné par tous les domaines pharmaceutiques.

Le rôle de ces ONG est de pallier aux déficiences des gouvernements du Sud comme du Nord dans l’accès des populations aux soins de santé alors même que la santé est inscrite dans les droits de l’Homme. Les ONG représentent la contribution de la société civile (organisations non gouvernementales) à un monde plus respectueux des droits des êtres humains.

7. Existe t-il un axe commun des ONG santé ou y a t-il différentes approches?

Certaines ONG se spécialiseront plus dans des actions dites d’urgence qui correspondent à des actions de court terme pour aider lors de catastrophes naturelles (tsunami, tremblements de terre ou autres) ou humaines (guerres), d’autres préfèreront miser sur l’aide au développement pour accompagner les pays dans le développement d’actions visant leur autonomie.

Hormis les situations de toute première urgence (3 à 6 premières semaines) où il faut laisser les ONG médicales spécialisées en première urgence agir, PSF-CI travaille aussi bien en urgence qu’en développement en tant que spécialiste du médicament.

8. Hormis les ONG locales, avec quelles ONG avez-vous des liens forts? Sur quel type de missions êtes vous amenés à travailler?

Sur les terrains d’urgence chronique (guerres qui durent depuis plusieurs années), PSF-CI centralise les approvisionnements en médicaments non seulement pour les structures sanitaires du pays mais aussi pour les ONG médicales qui travaillent sur le pays. Un regroupement des commandes de tous les acteurs humanitaires permet en effet de faire des économies d’échelle conséquentes et les bailleurs de fonds des programmes humanitaires insistent pour que les approvisionnements en médicaments soient gérés par les professionnels du médicament, les pharmaciens, afin d’avoir une garantie de la qualité des produits utilisés sur les programmes qu’ils co-financent. La plupart des ONG médicales ont aussi compris qu’elles avaient tout à y gagner car si chacune d’entre elles devait procéder aux audits fournisseurs, lancer des appels d’offres conformément aux procédures exigées par les bailleurs de fonds et assurer la gestion et le monitoring, elles perdraient beaucoup de temps et d’argent et pourraient traiter moins de personnes.

Les grands programmes de lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose ont aussi permis un rapprochement de tous les acteurs de la solidarité car toutes les compétences doivent s’unir pour répondre à ces défis sanitaires.

La compétence particulière de PSF comme « responsable du médicament » rapproche donc l’association de tous les autres partenaires de la solidarité.

9. Partenaires institutionnels : sont ils de simples donateurs ou de réels collaborateurs?

Les défis sont énormes et devant ces défis tous doivent s’unir. Les partenaires institutionnels, qu’il s’agisse d’organismes de coopération des Etats ou de bailleurs de fonds, sont tous impliqués étroitement dans les programmes mis en place. Non seulement parce qu’ils doivent eux aussi rendre des comptes de l’utilisation des fonds qu’ils ont alloué aux ONG (transparence financière) mais aussi parce qu’ils ont une responsabilité à partager sur l’impact et la qualité de ces programmes. Les programmes, leur suivi, leur évolution sur la durée, sont donc discutés en permanence avec ces partenaires et les représentants de la société civile que sont les ONG.

10. Quels sont rapports avec le ministère de la santé et les institutions publiques de santé française?

PSFCI a plus de rapport avec le Ministère des Affaires Etrangères qui co-financent plusieurs de nos programmes de développement, qu’avec le Ministère de la Santé français parce que l’essentiel de nos actions sont à l’Etranger. Les relations avec le MAE sont les relations qui s’établissent entre deux partenaires qui ont le même souci : l’amélioration de l’accès aux soins de santé pour les populations des pays pauvres.

PSFCI sollicitait par contre régulièrement le Ministère de la Santé pour qu’il interdise les associations françaises d’exporter des MNU dans les pays tiers et pour insister sur le fait que les Principes Directeurs applicables aux dons de médicaments soient respectés. Sans succès il faut bien l’avouer.

Ce n’est qu’en février 2007 qu’une loi a été adoptée par le Sénat français pour interdire l’exportation de MNU.

Rien cependant au sujet des dons de médicaments inappropriés qui ne respectent pas les Politiques Pharmaceutiques des pays du sud.

11. Quel est votre rapport avec l’ordre des pharmaciens?

Très bons rapports avec l’Ordre des Pharmaciens français mais aussi avec les Ordres des Pharmaciens des pays où nous intervenons. Pharmaciens Sans Frontières représente un peu l’apport des pharmaciens à la solidarité internationale.

12. Quel est votre rapport avec l’industrie pharmaceutique?

Avec l’Industrie pharmaceutique de génériques, des rapports de clients à fournisseurs.

Avec l’Industrie pharmaceutique de médicaments de marque, nos intérêts ne sont, à priori, pas les mêmes car nous travaillons principalement avec des médicaments génériques et que ces médicaments sont achetés à travers des appels d’offres.

Cependant, les réseaux pharmaceutiques que nous mettons en place dans les pays du Sud pour permettre l’accès des populations à des médicaments de qualité, toutes les formations des personnels de ces réseaux, toutes les actions de sensibilisation des populations aux dangers des médicaments de la rue, aident à la lutte contre les trafics de médicaments et les contrefaçons qui aujourd’hui inondent les pays du Sud. Sur ce point, notre lutte rejoint celle de l’Industrie Pharmaceutique.

13. Quel est votre rapport avec le corps médical dans son ensemble?

Bonne dans l’ensemble. Chacun dans sa spécialité est un acteur de la santé. Si le médecin connaît mieux le corps humain, le pharmacien en revanche connaît mieux les médicaments, les effets secondaires, les interactions dangereuses, etc.

14. Existe t-il des acteurs avec lesquels vous êtes en contradiction?

Je suppose que vous voulez parler des acteurs de l’humanitaire.

Nous sommes contre toutes les associations, groupes ou individus qui ne respectent pas les Politiques Pharmaceutiques Nationales des pays et les Principes Directeurs applicables aux dons de médicaments et qui, sous couvert d’action humanitaire, créent de graves problèmes de santé publique à des pays déjà fragiles et décrédibilisent ainsi tous les acteurs sérieux de l’aide humanitaire quand ils ne détruisent pas carrément tous les efforts d’émancipation et d’autonomie des pays pauvres par des dons inappropriés.

15. Quelle est la perception à l’étranger de notre système de santé ?

Nous supposons que les populations du monde entier aimeraient pouvoir jouir du système de santé français actuel mais nous vous rappelons que la viabilité de ce système est fortement remise en cause aujourd’hui.

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Stratégie d'alliance ONG & Parties Prenantes

Dans le cadre de la santé, les ONG forment un tout hétérogène en France (taille, passé, culture…). N’étant pas coordonnées dans leurs actions, elles demeurent cependant solidaires. En effet, les idéales éthiques que sont l’accès aux soins pour tous (ou du moins équitable) outrepassent les différences.

Le poids des ONG est très faible en France car elles ne concernent que les populations les plus démunies (faible représentativité en terme d’effectif et d’image), mais surtout parce que leurs actions ne sont que de nature préventive et alimentaire. L’offre de soins ne représente qu’une infime partie de leur action.

Les ONG pendront bien plus d’importance lorsque le système de santé français ne pourra plus subvenir aux besoins de tous. Ceci est déjà le cas comme en témoigne la croissance de 20% des demandes d’aides entre 2005 et 2006, mais s’accentuera au fur et à mesure. Elles prendront en effet en charges les plus démunis (les non solvables).

Médecins du monde, MSF et la Croix Rouge sont, de part leurs tailles les plus importantes, les plus à même de dialoguer avec les politiques mais aussi avec les médecins (elles collaborent avec de nombreux médecins volontaires).

Les politiques et plus largement l’Etat sont certainement les acteurs privilégiés des ONG avec les médecins. Elles n’ont à notre connaissance que peu de contacts avec les acteurs gestionnaires.

Dans le cadre de l’instauration d’un dialogue entre l’ensemble de acteurs de la santé, les ONG ne s’impliqueront que si nous respectons l’aspect éthique du système de santé : « l’accès à tous au plus grand nombre ». Toute considération d’ordre technique, notamment de gestion risquera de les rebuter.

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11 avril 2007

ONG et Parties Prenantes

1) Medecins du monde

Présentation :

Médecins du monde est une association loi de 1901 basée sur le bénévolat de professionnels de la santé pour apporter une aide humanitaire aux populations vulnérables en France et dans le monde.
Médecin du monde est né d’une scission avec médecins sans frontière. Ces derniers reprochaient aux sécessionnistes de mener des actions trop médiatiques. Kouchner et une quinzaine de responsables quittent l'association pour fonder, en mars 1980, Médecins du Monde.

L’association (Kouchner) est souvent présentée comme celle qui aurait « inventée » le droit d'ingérence.
Médecins du Monde se présente donc comme un organisme qui a une mission de témoignage des violations des droits de l’homme, contrairement Médecins sans frontière qui est une ONG plus “technique” et par prolongation moins militante.


Organisation :

Médecins du monde est financé par les dons du privé, ainsi que par des subventions administratives nationales ou internationales. Un soin est apporté à ce que les dons privés restent majoritaires pour conserver une indépendance des structures d'État.En 2003, les ressources totales de l'association atteignent 43,6 millions d'euros.
Nombre de permanents : 248
Nombres de salariés à temps partiel : Non renseigné
Nombre de volontaires : Non renseigné
Nombre d'adhérents : 1245
Présidente : JEANSON Françoise
Secrétaire Général : JUAN Bernard

Mission en France :La fin des années 1980 est marquée en France par l'épidémie de sida et la recrudescence de la pauvreté. Médecins du monde crée en 1986 la première « Mission France ».Avec ses « Dix propositions pour l'accès aux soins pour tous », publiées en 1995, Médecins du monde réaffirme la priorité des soins avant tout examen administratif, qu'il s'agisse de personnes sans couverture sociale ou d'étrangers sans papiers. Cette idée a été reprise en 1999 lors de la mise en place de la Couverture maladie universelle (CMU).

Mission internationale :
Initié en 1989, le réseau international de Médecins du monde est composé en 2005 de 12 délégations. Indépendantes les unes des autres, les délégations internationales partagent le même projet associatif. (voir la liste des délégations dans les liens finaux.)Les missions sur le terrain de Médecins du monde sont diverses : missions d'urgence, de crise ou de long terme.


Médecins du Monde est une association qui s’appuie sur l’engagement de professionnels de la santé pour porter secours, dans le monde et en France.
• Soigner les populations vulnérables, victimes de catastrophes naturelles, famines, maladies et victimes de conflits, violences politiques, réfugiés, déplacés, peuples minoritaires, enfants des rues, usagers de drogues et tous les exclus des soins.
• Témoigner. Médecins du Monde témoigne des entraves à l’accès aux soins, des atteintes aux droits de l’homme et à la dignité. L’association engage le dialogue avec les politiques pour améliorer la situation des populations civiles

Contact:
62, Rue Marcadet
75018 Paris
Téléphone : 01 44 92 15 15

Structure organisation :

226 salariés (équivalents temps plein) sont répartis entre le siège parisien (148) et la province (76). Cette équipe, en contact permanent avec les bénévoles, est placée sous l'autorité du directeur général.

Autres informations :

Président : Le Docteur Pierre MICHELETTI , directeur du service de Santé Publique et Environnementale de la ville de Grenoble. Entré à Médecins du Monde en 1987, il a exercé la fonction de chef de mission au Guatemala de 1987 à 1989 et de directeur des programmes 1996 à 2000. Il était entré au Conseil d’Administration de l’association en 2002.
Vice-présidents :
Docteur Olivier BERNARD, pédiatre, Marseille
Docteur Patrick DAVID, médecin anesthésiste réanimateur, Reims

Caractéristiques notables:
Des médecins politisés, Invention du droit d'ingérence, mission de témoignage.


2) La croix rouge (française)

Structure organisation :

C'est une association loi de 1901. Elle emploie en 2005 plus de 15 600 salariés dans près de 800 établissements sanitaires et médico-sociaux : cliniques, instituts de formation en soins infirmiers, centres de formation professionnelle continue, école de masso-kinésithérapie. Elle compte également près de 60 000 bénévoles.
Nombre de permanents : 15000
Nombres de salariés à temps partiel : Non renseigné
Nombre de volontaires : 62
Nombre d'adhérents : 480000
Le dirigeant est Jean-François Mattéi, proche de Chirac et critiqué pour sa gestion de la crise de la canicule de l'été 2003

Missions :

La Croix-Rouge a pour vocation de prévenir et d’apaiser toutes les souffrances. En France, à la croisée du secourisme, de la solidarité et de la santé, elle est présente sur tous les fronts de la détresse sociale. Son champ d’actions se déploie également dans le cadre du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui regroupe 181 Sociétés Nationales et 90 millions de volontaires dans le monde.

• Secours d’urgence : La Croix-Rouge participe avec les Pouvoirs Publics à l’organisation des secours en cas de catastrophes naturelles ou technologiques.

• Solidarité et action sociale : Apaiser les souffrances et lutter contre les détresses

• Actions contre l’illétrisme : Identifier les personnes illettrées et les orienter vers les lieux de formation, relayé par le dispositif d’aide sociale de la Croix-Rouge

• L’aide aux personnes âgées isolées et dépendantes : La prise en charge des personnes âgées constitue un axe stratégique majeur de la Croix-Rouge. Elle est ainsi responsable d’un réseau d’établissements de soins et d’accueil des personnes en situation de dépendance physique et/ou psychique et coordonne des actions de solidarité assurées par des bénévoles.

• L’aide aux populations étrangères : Sa mission, celle que poursuit la Croix-Rouge, c’est d’apaiser la souffrance des familles les plus vulnérables, et protéger la dignité de ces naufragés venus d’ailleurs (cas de Sangate).

• Croix-Rouge Ecoute : Service d’aide et de soutien psychologique par téléphone créé en 1988. Ce service généraliste - anonyme et gratuit - propose un travail d’accompagnement de toutes formes de détresse : conflits familiaux, états de dépendance, solitudes, violences…

• Action sociale, médico-sociale et sanitaire : Première Institution privée du secteur médico-social et sanitaire, la Croix-Rouge Française a en charge 559 établissements qui totalisent 7200 lits et places (hôpitaux, maisons de retraite, maternités...), centres spécialisés (pour hémophiles, myopathes, handicapés physiques et mentaux).


Lien avec d'autres organisations :


3) Greenpeace France

Coordonnées :
22, rue des Rasselins 75020 Paris
Tel : 01.44.64.02.02 - Fax : 01 .44.64.02.00
e-mail: contact@diala.greenpeace.org
Président : François VEILLERETTE
Directrice de la communication : Emmanuelle Brisse
e-mail : emmanuelle.brisse@diala.greenpeace.org

Rôles et Missions :

Greenpeace se présente comme l'ONG non-violente de défense de l’environnement ;
Greenpeace concentre son attention sur les problèmes globaux qui menacent l'environnement au sens large et qui constituent des enjeux planétaires: changements climatiques, consommation énergétique, prolifération nucléaire, dégradation de la biodiversité, pollutions génétiques, dissémination des produits toxiques...
Greenpeace intervient dans le débat politique lorsqu'elle propose une autre vision du monde, et a, de ce fait, vocation à avoir des relations avec les représentants du monde politique. Toutefois, Greenpeace s'interdit tout lien avec des partis qui se placent en dehors du jeu démocratique au vu de leur fonctionnement ou leurs idées.
Cette indépendance politique repose sur une indépendance financière totale: Greenpeace ne vit que des contributions des particuliers qui ont choisi de soutenir sa démarche.
Elle est le gage de sa liberté de parole et d'action, en tous lieux et en toutes circonstances.

Elément fondamental de la "démarche Greenpeace", la non-violence est un impératif indissociable de la détermination dans l'action: jamais de dégradation de matériels, jamais de violence envers qui que ce soit.

Greenpeace préconise la mise en oeuvre effective du concept de développement durable : un modèle de gestion des activités humaines qui réponde aux attentes des sociétés actuelles, sans hypothéquer les capacités des générations futures à satisfaire leurs propres besoins.
L'application du principe de précaution devrait être une question de bon sens! L'identification d'un risque, réel ou potentiel, pour l'environnement ou la santé publique doit imposer la prudence et conduire à ne pas entamer, ou poursuivre, l'activité générant ce risque.

Modes d’action :

- Enquêtes & Argumentaires :
o mettre en évidence les éléments contradictoires ;
o cerner les enjeux d'une campagne ;

- Propositions & Concertation :
o identifier des pistes possibles pour résoudre les problèmes repérés et proposer des solutions alternatives ou des pistes de recherches ;
o repérer des initiatives, approfondir certaines réflexions, mettre en évidence des innovations ;

- Informations & Pressions :
o faire pression sur les décideurs ; lobbying ;
o mobilisation citoyenne ;
o négociation des accords internationaux.

- Action en justice :
o conforter certains instruments réglementaires ;
o construire une jurisprudence ;
o obtenir des informations par voie de justice ;

- Confrontation :
o dénoncer des pratiques cachées ;
o signifier l’urgence du changement ;
o forcer les décideurs à imaginer d’autres voies ;

Geenpeace France a plus de 80 000 adhérents.

Liens avec d'autres organisations :

Agir pour l'environnement
France Nature Environnement
Union Nationale des Organisations faisant Appel à la Générosité du Public.


4) Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et pour l'Homme (FNH)

Coordonnées :
6 rue de l’Est
92100 Boulogne-Billancourt.

Président : Nicolas Hulot

Comité de veille écologique comprend deux médecins :
- Dominique Belpomme, cancérologue, professeur des universités (Paris V), président de l'Association française pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse ;
- Alain Grimfeld, pédiatre, chef de service à l'hôpital Trousseau, Paris.

Rôle et missions :

Fondation créée en 1990 et reconnue d’utilité publique en 1996 qui agit en faveur de l'éducation à l'environnement. Sa vocation est de contribuer à la découverte de la nature et à la protection de l'environnement par l'exploration, la recherche, l'éducation et la communication
Il s'agit d'un engagement éducatif, scientifique et culturel au service du patrimoine naturel de l'humanité et du développement durable.
La Fondation propose plusieurs dossiers thématiques dont un dossier santé et environnement.
Le Forum de la FNH comprend une rubrique santé et environnement : 17 sujets traités et 176 messages.

Il s'agit pour la Fondation de contribuer aux changements des comportements afin d'aller vers une nouvelle forme de société et de culture basée sur un développement durable :


• Prendre conscience et faire prendre conscience que les engagements écologiques, sociaux et économiques doivent êtres conjoints. Qu'ils représentent un investissement positif sur le long terme.
• Prendre conscience et faire prendre conscience que les actes ont des conséquences qu'il faut évaluer avant leur mise en œuvre, qu'il faut penser ses actes.
• Prendre conscience et faire prendre conscience « qu'il faut donner du sens au progrès », que le progrès est synonyme de générosité et de solidarité.
• Prendre conscience et faire prendre conscience que du respect d'autrui et des autres êtres vivants dépend la survie de l'humanité et de la planète.
• Prendre conscience et faire prendre conscience que chacun a un rôle majeur dans la construction de cette société, que chacun est acteur, que chacun est responsable.

Composition du conseil d’administration :
• Nicolas Hulot, producteur et animateur de télévision, Président de la Fondation,
• Pierre Siquier, Ligaris, Membre coopté, Vice-Président de la Fondation
• Jean-Pierre Couriaut, Consultant en Ressources Humaines, Membre coopté, Trésorier de la Fondation,
• Franklin Devaux, Entrepreneur, Administrateur de l'Aéroclub de France, Membre coopté
Partenaires fondateurs :
• Électricité de France représentée par : Patrick Magd, Directeur de la communication,
• L'Oréal représenté par : Pierre Simoncelli, Directeur des relations extérieures,
• TF1 représenté par : Claude Cohen, Présidente de TF1 Publicité,
Ministères de tutelle :
• Ministère de l'Intérieur représenté par : Marie Lottier, Chef du Bureau des Groupements et Associations,
• Ministère de l'Éducation Nationale représenté par : Martine Le Guen, sous-directrice des actions éducatives et de la formation des enseignants,
• Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable représenté par : André-Jean Guérin, Haut Fonctionnaire au Développement Durable,


Organisations avec lesquelles des liens existent :

- réserve naturelle de Chérine ;
- CURUMA ;
- Mountain raiders ;
- Noé Conservation;
- ADEME;
- Conservatoire du littoral;
- Matelots de laVie ;
- Rivages de France ;
- Museum d’histoire naturelle ;
- IRD (Institut de recherche pour le développement) ;
- Office national des forêts ;
- LPO (ligue pour la protection des oiseaux)

La Fondation est membre de l'Alliance pour la planète, un regroupement d'ONG, associations et collectifs liés à l’écologie, ainsi que d'associations représentant la société civile


5) Pharmaciens sans frontières

Coordonnées :
4, voie militaire des Gravanches, 63100 CLERMONT-FERRAND
Tèl : 04 73 98 24 98 Fax : 04 73 98 24 90
Email : psf@psf-ci.org
Date de creation :
1985. A l’origine, PSF était une collecte de Médicaments Non Utilisés et exportait vers les pays en voie de développement ou en situation de crise humanitaire

Présentation :

Améliorer l'accessibilité géographique et financière des populations les plus démunies à des soins pharmaceutiques de qualité, dans le respect des Bonnes Pratiques Pharmaceutiques, de la rationalisation de la prescription et du bon usage du medicament
S’inscrit dans le respect des recommandations de l’OMS et de la Fédération International Pharmaceutique
Soutien aux autorités sanitaires locales pour la mise en œuvre d'une politique de santé reposant sur la distribution de Médicaments Essentiels Génériques, avec, chaque fois que possible, instauration d'un système de participation financière des malades afin de garantir leur autonomie future.
C’est une politique de recouvrement des coûts dont le principe a été retenu lors de l'Initiative de Bamako en 1987 qui compte aujourd'hui 147 pays adherents.
En d’autres termes, aider le pays à mettre en place un système de santé adapté, et non pas d'imposer notre système ou de nous substituer aux agents de santé locaux


Partenaires institutionnels :

-Commission européenne Service d’Aide Humanitaire (ECHO)
- Fonds mondial de lutte contre le Sida, le Paludisme et la Tuberculose.
- OMS
- EUROPEAID : Office de coopération de la commission européenne
- PNUD : Programme des Nations Unies pour le développement
- DFID : Department For International Development
- MCNG : Mission Coopération Non Gouvernementale du Ministère Français.
- Ambassade d’Allemagne au Tadjikistan.


6) Secours Populaire

Cœur de cible : aux problèmes d'exclusion de l'enfance et des familles défavorisées
150 projets dans 50 pays
Représenté dans plusieurs instances de consultation des pouvoirs publics, tant français, qu'européens et internationaux
Membre fondateur du Comité de la Charte de déontologie des organisations sociales et humanitaires faisant appel à la générosité publique.

Principales entreprises partenaires :

- SNCF, JCDecaux, Danone, Carrefour, Bonduelle, MACIF, IBM, FNAC

Partenariat en France :

- Aidez.org
- Cultures du cœur
- ESEAN
- Espace bénévolat
- Ministère des Affaires Etrangères
- Pharmaciens sans frontières
- Pompiers sans Frontières

Fondations partenaires :

- Fondation Air France
- Fondation Orange
- Fondation Orange
- Fondation Mcdonald
- Fondation Cetelem
- Fondation Caisse d’Epargne
- Fondation Areva
- Fondation Suez
- Fondation JM Bruneau

- Fondation France Liberté
- Fondation du Grand Orient de France
- Association des Maires des grandes villes de France

Financement :

- 39 Millions d’euros (62%) : Dons Publics
- 16 Millions d’euros (26%) : Subventions et autres concours publics
- 3,6 Millions d’euros (6%) : produits financiers, abonnements aux publications


6) Médecin sans frontières

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